La première fois que mon fils a fait ses nuits, j'ai mis trois jours à m'en rendre compte. J'étais tellement habituée à me réveiller en sursaut que mon corps continuait tout seul, à 3h, à guetter un pleur qui ne venait plus. C'est un peu ça, les débuts. On apprend un rythme, et le temps de le maîtriser, il a déjà changé.

J'ai lancé Kigrandi à cause de ces nuits-là, justement. Enceinte, puis jeune maman, je cherchais des réponses et je tombais toujours sur la même chose : d'un côté des sites qui me parlaient comme si je n'avais jamais tenu un bébé, de l'autre des pavés médicaux qui me laissaient plus inquiète qu'avant de cliquer. Il me manquait une voix entre les deux. Quelqu'un passé par là juste avant, qui raconte sans dramatiser et sans faire la leçon.

Je m'appelle Camille, au passage. 34 ans, un petit bonhomme de trois ans et demi qui teste en ce moment tout ce que la gravité permet.

Ce que je fais ici, c'est vous raconter. Ce que j'ai vécu, ce que j'ai appris de travers avant de comprendre, les questions bêtes que je n'osais poser à personne. Je mets des mots simples sur des choses qui paraissent compliquées quand on est dedans, seule, à minuit, un téléphone à la main.

Une chose sur laquelle je ne transige pas : je ne suis pas médecin, et je ne ferai jamais semblant de l'être. Dès qu'on touche à votre santé ou à celle de votre bébé, je m'efface. Ces contenus-là sont relus par une sage-femme, et vous verrez ses précisions dans des encadrés à part. Pour tout ce qui compte vraiment, c'est vers votre professionnel de santé que je vous renvoie. Un article ne remplace pas un vrai suivi, et ça ne prétend pas le faire.

Le reste, on le traverse ensemble. Comme on le ferait avec une grande sœur qui a un tout petit peu d'avance, et qui se souvient encore très bien de ce que ça fait d'avoir peur de mal faire.

Camille