Faut-il réveiller bébé pour manger ?
La première fois qu'on m'a suggéré de réveiller mon fils pour le faire manger, j'ai cru avoir mal compris. Il dormait comme un bienheureux, poings f...
La première fois, j'ai cru avoir mal fait quelque chose. Mon fils venait de téter, je l'avais posé sur mon épaule, et il a renvoyé une bonne cuillère de lait sur mon pull préféré. J'ai regardé le pédiatre avec des yeux ronds à la visite suivante, persuadée qu'on allait me parler d'un problème. Il m'a souri : « Non, ça, c'est juste un bébé qui digère. » Si votre enfant régurgite du lait après ses repas, la première chose à savoir, c'est que c'est le cas d'environ trois bébés sur dix, et que ça ne signifie presque jamais quelque chose de grave.
Concrètement, c'est ce petit filet de lait, parfois caillé, qui remonte sans effort après une tétée ou un biberon. Pas de grimace, pas de pleurs, votre bébé continue souvent son affaire comme si de rien n'était. C'est vous, en général, qui êtes la plus impressionnée des deux.
Ce qui se passe dans son ventre est assez simple à comprendre une fois qu'on l'a en tête. Entre l'œsophage et l'estomac, il existe une petite valve musculaire. Chez l'adulte, elle se referme bien après le repas et empêche tout retour. Chez un nourrisson de quelques semaines, elle est encore souple, presque paresseuse, et laisse remonter une partie du contenu de l'estomac dès qu'il y a un peu trop de pression, un peu trop d'air, ou simplement un peu trop de lait pour la taille du ventre. Cette valve se renforce au fil des mois, en même temps que le reste du système digestif.
Chez nous, ça arrivait surtout en fin de tétée, quand il buvait vite et qu'il avait déjà pas mal d'air dans le ventre. Rien d'étonnant : un estomac de nouveau-né tient à peine quelques dizaines de millilitres à la naissance, et il grandit lentement. Difficile de faire tenir une tétée généreuse là-dedans sans qu'un petit surplus ne reparte par où il est venu.
Le mode d'alimentation ne change pas grand-chose. Un bébé allaité régurgite tout autant qu'un bébé au biberon, ce n'est pas une question de lait mais de plomberie encore jeune. Quelques éléments favorisent quand même le phénomène : une tétée trop rapide, un bébé allongé trop vite après avoir mangé, des vêtements ou une couche un peu serrés au niveau du ventre, ou encore, plus rarement, une sensibilité aux protéines du lait de vache.
La bonne nouvelle, c'est que ce n'est pas un problème qui s'installe. La plupart du temps, les régurgitations diminuent nettement vers six à huit mois, au moment où bébé commence à tenir assis et à manger des textures plus épaisses, et elles ont quasiment disparu vers un an.
La grande majorité des bébés arrêtent entre neuf et douze mois, quand la valve entre l'œsophage et l'estomac a fini de mûrir et que la position debout ou assise aide le lait à rester en place. Si les régurgitations persistent bien au-delà, ou reprennent après avoir disparu, mieux vaut en parler à votre pédiatre.
On ne fait pas disparaître les régurgitations d'un coup de baguette magique, mais quelques habitudes aident vraiment à en réduire la fréquence et l'ampleur.
Certains laits épaissis dits « anti-régurgitations » existent en pharmacie sans ordonnance, mais je ne vous conseillerai jamais d'en changer seule dans votre coin. Ces formules sont pensées pour des situations précises, et un professionnel de santé saura dire si c'est adapté à votre bébé ou si le problème vient d'ailleurs, comme une intolérance aux protéines de lait de vache.
Oui, tant qu'il prend du poids normalement, qu'il n'a pas l'air de souffrir et qu'il reste de bonne humeur entre les tétées. Le volume qui ressort paraît toujours plus impressionnant qu'il ne l'est réellement, une cuillère à soupe de lait étalée sur un body donne l'impression d'un dégât bien plus grand qu'il ne l'est.
Régurgiter beaucoup, ce n'est pas vomir. La nuance paraît fine sur le moment, surtout à 3 heures du matin avec un pull à changer, mais elle change tout sur la conduite à tenir.
Certains signes méritent un appel à votre pédiatre ou votre médecin traitant sans attendre le prochain rendez-vous prévu :
Le soir où j'ai enfin arrêté de sursauter à chaque petit renvoi de lait, c'est aussi le soir où j'ai rangé le troisième body de rechange de la journée sans y penser. Ça se passe comme ça, la plupart du temps : on s'habitue avant même de s'en rendre compte, et un jour, il n'y a plus rien à essuyer.
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