Qu'est-ce qui définit une maternité de niveau 1 ?
La première fois que j'ai vu le mot « niveau » collé au nom d'une maternité, sur un prospectus posé dans la salle d'attente, j'ai cru à un classemen...
On cherche presque toujours la même chose en pleine nuit : comment faire passer le hoquet à un bébé qui n'en finit plus de sursauter. La première fois, chez nous, j'ai cru que mon fils pleurait sans larmes. Par petites secousses régulières, un hic, hic, hic qui ne s'arrêtait pas. J'ai attendu, le téléphone déjà en main pour appeler la sage-femme. Trois minutes plus tard, plus rien.
Le hoquet, chez les tout-petits, c'est souvent ça : impressionnant sur le moment, réglé avant qu'on ait eu le temps de vraiment paniquer. Reste que quand la crise s'installe et dure, on a envie d'agir plutôt que de le regarder secouer pendant vingt minutes.
Le hoquet naît d'une contraction brusque et involontaire du diaphragme, ce muscle plat qui sépare le thorax du ventre et qui travaille à chaque respiration. Chez un tout-petit, l'estomac se dilate vite après une tétée ou un biberon, surtout s'il a avalé un peu d'air en mangeant. Cette dilatation tire sur le nerf phrénique, celui qui commande le diaphragme, et le muscle se met à se resserrer par à-coups. Chaque contraction referme brièvement les cordes vocales, d'où ce petit bruit sec qui revient en boucle.
Rien d'anormal là-dedans. Certains bébés hoquettent déjà in utero, dès le second trimestre. Le système digestif d'un nourrisson met du temps à trouver son rythme, et le hoquet fait partie des petits ratés de mise en route, au même titre que les gargouillis ou les régurgitations.
Voici ce qui, chez nous, a fini par devenir un réflexe. Dès que le hic, hic démarre, je change sa position avant toute autre chose. Allongé, l'estomac appuie sur le diaphragme et entretient les spasmes ; redressé contre mon épaule, la pression retombe presque tout de suite. Je le tiens droit, son menton posé sur mon épaule, et je marche un peu en tapotant doucement son dos. Neuf fois sur dix, un rot sort dans la minute qui suit, et le hoquet s'arrête avec lui.
S'il vient juste de finir de manger et que le rot ne vient pas, une petite tétée supplémentaire peut suffire à relancer une déglutition régulière et calmer le diaphragme. La succion seule, avec une tétine, marche aussi pour certains bébés : le mouvement rythmé apaise, sans qu'il y ait besoin d'avaler quoi que ce soit.
Si la crise démarre en plein repas, mieux vaut marquer une pause de quelques minutes plutôt que de continuer à le nourrir hoquet après hoquet. Il avalerait plus d'air, et la crise s'entretiendrait toute seule. Un câlin calme, loin du bruit et de la lumière trop vive, aide aussi, tout simplement parce qu'un bébé détendu respire de façon plus régulière.
Le plus dur, souvent, c'est d'accepter qu'aucun geste ne fonctionne à coup sûr. Certaines crises s'arrêtent en trente secondes, d'autres traînent vingt bonnes minutes sans qu'on comprenne pourquoi. La patience reste, la plupart du temps, le vrai remède.
Rassurez-vous tout de suite : le hoquet ne fait pas mal. Le bébé ne retient pas sa respiration, il ne suffoque pas, et ces petites secousses répétées ne l'empêchent ni de dormir profondément ni de téter correctement s'il en a envie pendant que ça continue. Ce n'est ni un signe de bonne santé ni un signe de mauvaise santé, juste un réflexe qui va et vient.
Il arrive qu'un bébé pleure pendant une crise qui s'éternise. Ce n'est généralement pas de la douleur, plutôt de l'agacement, comme nous face à un bruit qui ne s'arrête pas. Vous pouvez continuer à le nourrir normalement s'il a faim pendant qu'il hoquette : il n'y a pas de risque particulier de fausse route lié au hoquet lui-même.
Certains conseils entendus autour de moi m'ont paru bizarres, et pour cause, mieux vaut s'en tenir loin. L'eau gazeuse, par exemple : l'idée de faire « roter » les bulles ne marche pas chez un si petit ventre, elle risque plutôt d'irriter un estomac encore fragile. Faire fixer un point au-dessus de sa tête pour le distraire ne change rien non plus au spasme du diaphragme, c'est une astuce d'adulte transposée sans grand sens à un nourrisson.
Un geste, en revanche, est à bannir complètement : pincer le nez de bébé pour bloquer sa respiration. Chez l'adulte, cette technique joue sur le manque d'air pour couper le hoquet. Chez un tout-petit, elle est dangereuse, tout simplement parce que son contrôle de la respiration n'a rien à voir avec le nôtre. Le jus de citron, lui, est surtout inutile : l'acidité risque plus de le faire grimacer que d'arrêter quoi que ce soit.
Une bonne partie des crises se joue en réalité avant qu'elles ne commencent, au moment du repas. Si bébé prend le biberon, gardez la tétine toujours pleine de lait, jamais d'air, en l'inclinant suffisamment. Un débit trop rapide le pousse à téter vite et à avaler de l'air en même temps que son repas : des tétines à débit plus lent existent justement pour ralentir le rythme.
Marquez une petite pause à mi-repas pour le faire roter, plutôt que d'attendre la fin. Cela évite que l'air s'accumule d'un coup. Si vous allaitez, une position bien installée, tête légèrement plus haute que l'estomac, limite aussi l'ingestion d'air. Dès qu'il commence à diversifier son alimentation, veillez à ce qu'il mâche et avale calmement : manger trop vite reste l'un des grands déclencheurs, à tout âge.
La plupart des crises passent d'elles-mêmes, sans qu'il y ait quoi que ce soit à faire de spécial. Certains bébés sont pourtant plus sensibles que d'autres et semblent réellement gênés à chaque épisode. Si le hoquet devient très fréquent, s'il dure plusieurs heures d'affilée, ou s'il s'accompagne de régurgitations importantes, de pleurs qui ne se calment pas ou d'une gêne pour respirer, ce n'est plus à moi de vous rassurer : c'est le moment d'en parler à votre pédiatre ou à votre sage-femme. Un reflux gastro-œsophagien peut par exemple se manifester ainsi, et seul un professionnel pourra le confirmer ou l'écarter.
Certains parents consultent aussi un ostéopathe quand le hoquet revient sans cesse. Là encore, demandez d'abord l'avis de votre médecin traitant ou de votre pédiatre : lui seul peut juger si cette piste a du sens pour votre enfant en particulier.
Je vois souvent revenir la question de l'homéopathie pour calmer un hoquet tenace. Certains parents s'y retrouvent, d'autres n'y croient pas, et je ne suis clairement pas la mieux placée pour trancher ce débat. Ce que je peux dire, c'est que si vous voulez essayer cette voie, le choix du produit et de la dose ne se fait pas au hasard ni sur un forum : demandez conseil à votre pharmacien ou à votre médecin, qui adaptera la prescription à l'âge et au poids de votre bébé. Aucune automédication, même « douce », ne remplace cet avis-là.
Chez nous, le hoquet est redevenu un non-événement. Mon fils s'en amuse même, secoué par petites saccades pendant que je finis de plier une pile de bodys à côté, sans même lever les yeux. Si le vôtre en est encore aux premières crises qui vous font sursauter en plein repas, donnez-vous quelques semaines : ça finit toujours par devenir aussi banal qu'un bâillement.
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