Motricité fine chez l'enfant, comment l'aider à progresser ?
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La première fois que j'ai testé la langue des signes bébé avec mon fils, il m'a regardée comme si j'inventais un jeu : sept mois, une cuillère de purée de poire à la main, aucune envie de s'arrêter au signe que je répétais devant lui. Le lendemain, toujours rien. Et puis un matin, il l'a fait à son tour.
Cette méthode donne à un enfant qui ne parle pas encore un moyen de désigner ce qu'il veut. On emprunte pour cela quelques signes à la langue des signes française, la LSF, sans en faire un apprentissage complet.
Il n'existe pas de date sur un calendrier. La plupart des professionnels s'accordent sur une fourchette large, entre quatre et huit mois, avec un pic d'intérêt autour de six mois. Le geste précède largement la parole : votre bébé montre déjà du doigt, tend les bras. Le signe s'ajoute à ce vocabulaire corporel.
Trois indices montrent qu'il est prêt : il copie vos gestes, fixe votre main quand vous signez, et s'intéresse fort à certaines choses au point que vous pourriez lui donner un mot pour ça. Aucun n'est obligatoire pour se lancer.
Entre six mois et deux ans, le cerveau de votre enfant absorbe de nouvelles associations à une vitesse qui donne le vertige. C'est la fenêtre la plus efficace pour installer les premiers signes. Passé cet âge, rien n'est perdu : beaucoup d'enfants continuent d'utiliser leurs mains bien après avoir commencé à parler.

Le principe tient en une phrase : vous dites le mot en faisant le geste, en même temps, et vous recommencez, encore et encore. Quatre choses font la différence.
La cohérence compte autant que la répétition : le même geste, pour le même mot, dans les mêmes moments du quotidien. Si la crèche utilise déjà des signes, reprenez les mêmes à la maison. Un enfant a en général besoin de voir un signe entre deux et cinq fois avant de le reproduire lui-même.
Ce qui m'a convaincue, c'est une scène très concrète : mon fils, rouge de rage, qui tapait des pieds parce qu'il voulait remonter dans les bras et n'arrivait pas à me le faire comprendre. Le jour où il a pu signer « encore » ou « fini », une partie de ces crises s'est calmée d'elle-même : il montrait quelque chose de précis, plutôt que de simplement pleurer.
Au-delà du quotidien plus apaisé, les signes donnent accès à des idées qu'un bébé ne saurait pas encore nommer : une couleur, une émotion, une action en train de se dérouler.
Signer oblige à ralentir : se mettre à la hauteur de son bébé, attendre son regard. Beaucoup de parents ont l'impression de mieux observer leur enfant, simplement parce que signer demande de le regarder vraiment.

Il n'y a pas une seule bonne façon de faire. Certains parents avancent par imitation pure. D'autres associent les signes à des comptines ou à des lectures, ce qui fonctionne bien avec les enfants qui aiment la répétition rythmée. La méthode la plus efficace reste celle qui s'intègre sans effort dans vos habitudes : si chanter ensemble fait déjà partie de votre routine du soir, glissez-y des signes plutôt que d'inventer un nouveau moment.
Vous faites le geste devant votre bébé, en même temps que vous prononcez le mot, et vous attendez qu'il tente de le reproduire, même approximativement. Un signe fait à moitié compte déjà comme une réussite : ce n'est pas la précision du geste qui importe, mais l'intention de communiquer qu'il porte.
Non. La langue des signes pour bébé emprunte son vocabulaire à la LSF, mais sans sa grammaire ni sa syntaxe. Une trentaine de signes suffit largement pour les besoins et les émotions les plus courants.
Chez nous, le signe « encore » est resté un classique bien après que mon fils a appris à le dire à voix haute. Il le fait encore, presque par réflexe, quand un mot lui manque au milieu d'une phrase. Ça me rappelle ces sept mois où une cuillère de purée de poire suffisait à tout expliquer.
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