Quelle est la réalité d'une maman solo ?
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Le mal de dents enceinte, je l'ai connu au sixième mois, un soir où une molaire s'est mise à m'élancer sans prévenir. Impossible de dormir, hors de question de prendre n'importe quel médicament sans être sûre de moi. Si vous vivez la même chose, respirez : ce n'est ni rare, ni le signe que vous faites quelque chose de travers. La plupart des femmes enceintes traversent au moins un épisode de sensibilité ou de douleur dentaire, à cause des bouleversements hormonaux qui chamboulent tout le reste. Voici ce que j'ai appris, entre mes nuits blanches et les explications de la sage-femme qui relit ces pages.
Chez moi, tout a commencé par les gencives, avant même la dent qui a fini par crier famine. Elles saignaient un peu au brossage, rougissaient, gonflaient parfois le soir. Rien de dramatique en apparence, mais assez pour m'inquiéter à 3h du matin sur mon téléphone.
La cause tient presque toute entière dans les hormones. Le placenta produit beaucoup plus d'œstrogène et de progestérone, et ces hormones rendent les gencives plus sensibles, plus vascularisées, plus réactives à la plaque dentaire. Ajoutez les nausées du premier trimestre, les remontées acides du troisième, et les envies de sucré qui reviennent sans prévenir (chez moi, c'étaient les clémentines, à n'importe quelle heure), et vous obtenez un terrain parfait pour que les bactéries se multiplient. Ce n'est pas une fatalité, mais ça explique pourquoi tant de futures mamans ont, à un moment ou un autre, mal aux dents.
Parce que le flux sanguin qui les irrigue augmente sous l'effet des hormones. Elles deviennent alors plus gonflées et plus fragiles au moindre contact, brossage compris, sans que ce soit forcément le signe d'un problème grave.
Trois situations reviennent souvent quand on parle de dents et de grossesse.
La gingivite gravidique touche plus d'une femme enceinte sur deux. Les gencives deviennent rouges, gonflées, parfois douloureuses au contact d'une brosse à dents, et s'installent souvent vers le troisième mois avant de repartir d'elles-mêmes après l'accouchement.
Les caries, elles, profitent des petites fringales et des repas décalés. L'hyperesthésie dentinaire, enfin, c'est cette douleur vive et brève qui surgit sans carie visible, souvent au contact du froid. Chez moi, c'est arrivé avec un simple verre d'eau glacée, un vrai coup de jus dans la mâchoire.
En attendant votre rendez-vous, quelques gestes simples peuvent vous aider à passer le cap. Un bain de bouche sans alcool, matin et soir, calme déjà pas mal l'inflammation. Une compresse froide sur la joue, côté douloureux, fait aussi son effet le temps que ça se tasse.
Le vrai soulagement, sur la durée, passe par une routine simple mais tenue. Ce n'est pas glamour, mais ça marche.
Dès que la douleur dure plus de quelques jours, ou que les gencives saignent beaucoup, direction le dentiste. La période la plus confortable pour un soin, c'est en général le deuxième trimestre, mais un dentiste s'adapte toujours à la situation, y compris en urgence.
Deux fois par jour au minimum, avec un dentifrice adapté aux gencives sensibles, en insistant doucement plutôt que fort. Le fil dentaire, une fois par jour, pour aller chercher ce que la brosse ne voit jamais. Et si les fringales sucrées reviennent en boucle, un simple verre d'eau après chaque collation limite déjà pas mal les dégâts.
Ce jour-là, au sixième mois, j'ai fini par appeler mon dentiste plutôt que d'attendre que ça passe. Il m'a reçue la semaine suivante, sans drame, avec un détartrage et deux conseils que j'ai suivis jusqu'à l'accouchement. Si une dent vous fait la même scène en pleine nuit, ne jouez pas à deviner si c'est grave. Un dentiste le saura en dix minutes, vous en trois mots au téléphone.
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